Le paysage fiscal et de la prévoyance en Suisse évolue rapidement.
Longtemps, les contribuables ont pu s’appuyer sur un ensemble de leviers bien établis : déduction des intérêts passifs, rachats dans le deuxième pilier, versements au pilier 3a ou encore planification du retrait des capitaux. Aujourd’hui, ces mécanismes tendent à se restreindre, rendant la planification patrimoniale plus stratégique que jamais.
Une fiscalité immobilière en recul
Parmi les évolutions majeures, la réforme de l’imposition de la propriété du logement marque un tournant. La suppression de la déductibilité des intérêts passifs, en contrepartie de la fin de l’imposition de la valeur locative, réduit un levier fiscal clé.
Les stratégies construites autour de ce mécanisme doivent désormais être repensées.
Le pilier 3a : toujours central, mais encadré
Le pilier 3a conserve son attrait principal : chaque versement reste déductible du revenu imposable dans la limite du plafond légal.
En revanche, les possibilités de rachats rétroactifs ont été nettement restreintes. Seules les années postérieures à 2025 sont désormais éligibles, limitant les opportunités de rattrapage.
Les rachats dans le deuxième pilier restent un levier clé
Dans un contexte de réduction des outils fiscaux, les rachats dans la caisse de pension demeurent l’un des mécanismes les plus efficaces. Ils permettent de combler des lacunes de prévoyance tout en bénéficiant d’une déduction fiscale intégrale.
Par ailleurs, le rejet de l’augmentation de l’imposition sur les retraits en capital du deuxième et du troisième pilier préserve l’attractivité du système.

Une réforme en discussion pour les hauts revenus
La motion Bürgin, adoptée par le Conseil national, prévoit de réduire de moitié le salaire assurable maximal. Objectif : limiter les stratégies d’optimisation fiscale importantes.
Cette mesure viserait principalement les très hauts revenus et pourrait réduire durablement certaines marges d’optimisation.
Vers une imposition individuelle : plus de complexité pour les couples
Le projet d’imposition individuelle constitue un autre enjeu majeur. En mettant fin à l’imposition conjointe, il introduit une nouvelle logique d’optimisation fiscale.
Les décisions devront désormais être prises à l’échelle individuelle :
- Revenus respectifs
- Lacunes de prévoyance
- Règles propres à chaque caisse
Une approche plus fine, mais aussi plus complexe à arbitrer.

Une conclusion claire : anticiper devient essentiel
Face à ces évolutions, une tendance se confirme :
- Moins de leviers fiscaux
- Plus de complexité
Dans ce contexte, une planification structurée et personnalisée devient indispensable.
Quelques réflexes à adopter :
- Alimenter régulièrement son pilier 3a
- Envisager des rachats dans le deuxième pilier (dans le respect des règles)
- Échelonner les retraits de capitaux
- Anticiper les impacts pour les couples


