Alors que de nombreuses PME approchent d’un tournant générationnel, la question de la transmission d’entreprise en Suisse devient un enjeu économique majeur.
Selon les estimations du Secrétariat d’État à l’économie (SECO), entre 70 000 et 90 000 entreprises devraient changer de mains au cours des cinq prochaines années. Pourtant, près d’un tiers d’entre elles risquent de ne pas trouver de repreneur, un phénomène en hausse qui pourrait fragiliser durablement le tissu entrepreneurial suisse.
Un enjeu crucial pour l’économie suisse
La disparition d’une entreprise ne représente pas seulement une perte pour son dirigeant ou son fondateur. Elle impacte également l’emploi, le savoir-faire et la dynamique économique locale, dans un pays où les PME constituent l’épine dorsale du tissu économique.
Pourtant, les chiffres montrent que les entreprises reprises présentent une résilience nettement supérieure aux nouvelles créations : près de 90 % d’entre elles sont toujours actives cinq ans après leur reprise, contre moins de 50 % pour les entreprises nouvellement créées.
Face à cet enjeu, plusieurs organisations économiques se mobilisent déjà. Des structures comme Relève PME, soutenue notamment par des organisations patronales, proposent un accompagnement ciblé et des plateformes de mise en relation entre cédants et repreneurs.

Une proposition fiscale pour encourager les reprises
Dans ce contexte, une proposition politique attire particulièrement l’attention : la motion portée par le conseiller aux États Erich Ettlin, visant à instaurer une exonération fiscale sur certaines provisions liées aux coûts d’intégration après une reprise d’entreprise.
La mesure envisagée permettrait aux repreneurs de bénéficier d’un allègement fiscal plafonné à 2,5 millions de francs, dans la limite de 25 % du bénéfice imposable.
L’objectif est clair : encourager les investissements nécessaires après une acquisition, notamment en matière de réorganisation, d’intégration des équipes, de repositionnement stratégique ou encore de modernisation des activités.

Reprendre une entreprise : un défi souvent sous-estimé
Acquérir une entreprise existante implique généralement des coûts importants et des investissements conséquents. Dans un contexte de hausse du coût du crédit et de pression sur les fonds propres, certains repreneurs peuvent être tentés de reporter des investissements pourtant essentiels à la réussite du projet.
Or, ces étapes sont souvent déterminantes pour assurer la rentabilité et la pérennité de la reprise.
Un soutien fiscal ciblé pourrait ainsi jouer un rôle d’accélérateur économique, en limitant les freins financiers et en favorisant la continuité des activités.
Préserver durablement le tissu des PME
À travers ce type de mesure, l’enjeu dépasse la simple fiscalité : il s’agit avant tout de maintenir un tissu économique solide, préserver les emplois et soutenir les entreprises dans une phase de transition souvent délicate.
Alors que d’autres pays ont déjà mis en place des mécanismes similaires pour accompagner la transmission d’entreprise, le débat reste ouvert en Suisse sur les leviers à activer pour faciliter ces reprises et éviter la disparition de milliers d’entreprises viables.
